Notre main ne doit pas trembler, dimanche, et glisser le bulletin E. Macron dans l’urne.

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Les Français méritent des engagements clairs et fermes.

Beaucoup abordent le deuxième tour de l’élection présidentielle avec appréhension et incertitude. Déception aussi, pour ceux qui se sentent privés d’un choix porteur de sens. A J-5, je veux d’abord réaffirmer l’impérieuse nécessité qu’il y a à ne pas laisser la voie libre à Marine Le Pen, par déception, découragement ou colère. Le temps n’est pas aux petits arrangements avec l’histoire, ou avec soi-même, aux fausses subtilités et aux vrais renoncements.

Ne pas laisser la voie libre à Marine Le Pen, c’est voter Macron, sans hésitation, parce que le monde nous regarde et se demande si la France  campe fermement sur ses valeurs, si elle est capable de renouer avec l’optimisme, la confiance en elle-même.  L’abstention ou le vote blanc sont des épées de bois face au Front national. Car l’extrême –droite, c’est des valeurs aux antipodes de celles de la République, des programmes qui nous plongeraient dans la tourmente et l’incertitude comme le montre le tête à queue hubuesque des derniers jours sur l’euro : comment prétendre protéger les Français sans leur dire ce que sera, demain, leur monnaie, c’est-à-dire leur salaire, leur épargne, leur entreprise ? L’extrême droite, c’est le défaitisme. Marine Le Pen ne défend pas le peuple. Elle le piège.

Alors oui, il faut voter Macron massivement pour refuser l’extrême-droite et pour que son score soit le plus faible possible. Même si le choix de dimanche ne résumera pas la vie politique française des prochaines années. La droite l’a bien compris qui s’engage dans les élections législatives avec la volonté d’imposer une cohabitation au futur président. Il s’agira à tout prix d’éviter ce retour d’une droite d’autant plus régressive qu’elle sera revancharde.

Le temps des élections législatives viendra. Il s’agira alors de s’engager pour que l’emportent les idées d’une gauche moderne, social-démocrate, attachée au progrès et à la justice sociale, refusant les postures et les débats stériles, soucieuse de construire, d’avancer, de proposer et d’agir. Comment imaginer que des socialistes, résolument tournés vers l’avenir, la modernité, le progrès, s’engageraient avec l’idée de faire échouer le quinquennat qui s’annonce ? Pour le faire réussir, il nous faudra être forts.

Mais aujourd’hui, l’heure est à la mobilisation démocratique car les victoires ne se présument pas, elles se conquièrent. Dimanche, résolument, positivement, il faut voter pour Emmanuel Macron.

Marisol TOURAINE