Marisol TOURAINE rappelle l’importance de protéger les personnes prostituées


Alors que le Sénat a achevé hier soir, en présence de Pascale BOISTARD, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, l’examen en séance publique de la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel, Marisol TOURAINE, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, regrette la régression des droits des femmes dans le texte adopté. Elle rappelle l’importance de ce texte qui doit protéger les personnes prostituées et construire une société où l’argent ne permettra plus de légitimer la violence.

C’est aujourd’hui à des réseaux internationaux de traite des êtres humains que la France doit faire face. Plusieurs dizaines de milliers de femmes, mais aussi d’hommes, mineurs et majeurs, sont maintenus sous la coupe de ces réseaux, par la violence, le chantage, la tromperie. Rétabli par l’UMP, le délit de racolage en fait des coupables au lieu de les reconnaître comme des victimes. Il constitue un obstacle majeur à leur accompagnement par les associations spécialisées. La suppression des mesures de responsabilisation des clients votées à l’Assemblée nationale nous prive d’un outil majeur pour faire reculer la demande et donc la prostitution.

Il est temps que la France se dote des outils législatifs qui permettent de protéger les personnes prostituées et de faire reculer ces réseaux, dans un cadre qui garantira leur accompagnement sanitaire et social. , Il faut reconnaître la prostitution comme une violence, responsabiliser les clients qui alimentent financièrement le système prostitutionnel et proposer aux personnes prostituées qui le souhaitent un parcours de sortie de la prostitution, associé à des droits sociaux nouveaux. C’est l’équilibre cohérent et abolitionniste porté à l’Assemblée nationale et que soutient le Gouvernement.

Marisol TOURAINE rappelle enfin sa détermination à agir au quotidien pour le respect des principaux fondamentaux de dignité humaine et d’égalité entre les femmes et les hommes.